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Historique

 

De 1898 aux années 20.


La première apparition du cinéma à Chinon remonte au 9 mai 1898. Trois ans après l'invention par les frères Lumières de ce qui sera considéré plus tard comme le septième Art, les Chinonais découvrent le cinématographe.

Cette séance unique avec ses vues animées en noir et blanc accompagnées par la musique d'un phonographe est donné dans la salle du café Rabelais, place de l'hôtel de ville.

Les premières programmations régulières ont lieu dès 1914 et sont assurées tous les jeudis soir au Théâtre Municipal par le « Cinéma Saumurois Pathé Frères ». En 1919, le « Cinéma Pathé Frère » offre sa dernière représentation à Chinon.

Après une interruption de quatre mois le cinéma reprend les samedis et dimanches avec le « Ciné-Circus » durant une année. Tandis que le « Cinéma Bermont » s'installe sur la place Jeanne d'Arc pour toute la saison 1919.
En fin d'année 1920, après une nouvelle interruption d'un mois, le cinéma devient une activité spécifique et semble vouloir se fixer, au sein du théâtre municipal, en se dotant d'un directeur ; M. Victor Germain. Hélas, au bout d'une année de programmations régulières, la direction du cinéma doit fermer l'établissement pour des raisons de santé. Cette interruption qui ne devait durer que quelques semaines se prolonge durant sept mois.

Enfin, au mois de juin 1921, le cinéma reprend dans la salle du théâtre, sous la direction de M. Hubert et G. Peltier, sous le nom de « Familial Cinéma ».

 


Les années 1922 – 1946.
Après des débuts chaotiques mais prometteurs, le cinéma s'installe en 1922 dans un bâtiment de la rue Jean-Jacques Rousseau, pour ne plus le quitter.
Un homme, M. Bontemps, réhabilite une ancienne grange ou l'on jouait autrefois à la boule de fort. Il s'agit de la salle du cinéma actuel alors baptisée « Palace Rabelais ».
Bien qu'elle soit considérée comme le « palais du cinéma », cette salle annexe du café reste avant tout une salle polyvalente ou sont organisés divers spectacles, fêtes et même parfois des réunions politiques.

Parallèlement à ces spectacles et conformément à la vocation première de la salle, des séances cinématographiques sont hebdomadairement programmées par M. Bontemps. Ainsi, la première séance de cinéma a lieu le 5 octobre 1922 avec le péplum « Quo Vadis ».
Les séances seront présentées les samedis soir à 20h30 et les dimanches à 15h et 20h30, auxquels s'ajouteront un peut plus tard les jeudis soir.

Le personnel est alors constitué d'une caissière (Mme Freudenreich), d'un opérateur (M. Georges Demay secondé par M. Charles Blondeau) et de deux ouvreuses, l'une pour la salle et l'autre pour le balcon. Il est à noter que ce rituel des ouvreuses, dont le rôle était de placer les spectateurs, durera jusqu'en 1974.

Le prix des places est fixé en fonction du confort et de la visibilité qu'elles offrent. On trouve ainsi en 1922 pas moins de 4 tarifs différents. Les places réservées sont parmi les deux premiers rangs du balcon. En raison du succès rencontré, les places peuvent être louées à l'avance auprès du café de la ville.
Au rez-de-chaussée, en l'absence de dénivellement du sol et devant un écran de moindre envergure (à peut près 4m²), les meilleurs places se trouvent parmi les premiers rangs, les plus prisées étant bien évidement au balcon ou les sièges sont un peu plus confortables. Ces derniers sont d'ailleurs déjà disposés en rang dégradé vers l'écran.

En 1929, M. Bontemps réalise d'importants travaux d'agrandissements avec l'aménagement d'une salle spéciale d'entractes et introduit une innovation musicale : « une nouvelle application permet, grâce à la T.S.F., d'entendre dans toute leur puissance les plus grands orchestres du monde entier ».

Un an plus tard, il annonce alors un changement de propriétaire.
En octobre 1930, M. Doyer assure l'exploitation du Palace Rabelais. Deux ans plus tard, Eugène Coutin lui succède tandis que M. Bontemps reste propriétaire des murs. M. Coutin assure et organise également des séances de cinéma itinérant dans les communes voisines.

1932 voit la clôture de la saison du cinéma muet et l'arrivée du cinéma parlant à Chinon le 26 mars, avec « L'homme qui assassina » comme premier film parlant. Malheureusement un incendie détruit les bobines lors de la seconde projection du film. Le second film parlant, « La Tendresse », ne fera sont apparition qu'en octobre suivant.

En 1937, M. Victor Gautier installe le balcon sur une ossature de métal.


Pendant la guerre.
Pendant la guerre, les seules perturbations que connaît le cinéma semblent se limiter à des coupures de courant et à la suppression de la séance du jeudi en saison froide.
A partir de 1940, le programme en deux parties comprend un film principal précédé en première partie d'un documentaire et d'actualités classiques, puis des actualités mondiales à partir de 1941.

Les vertus éducatives du cinéma étant désormais reconnues, des matinées scolaires (15h) sont parfois organisées.

Sans être totalement prohibées, les distractions sont toutefois réglementées. Un arrêté préfectoral en date du 16 mars 1940 décrète que les spectacles de toutes natures doivent prendre fin à 24h. Quelques mois plus tard, la fermeture des établissements publics est avancée à 22h30 par un arrêté préfectoral du 20 mai 1940. Les horaires des séances sont alors avancés pour permettre aux spectateurs d'être rentrés avant le couvre-feu.
Bien sûr, parfois, les séances sont perturbées par l'occupant.

Si le cinéma suit son cours, la programmation est néanmoins contrôlée et certains articles sont censurés et les films épurés. Débordant de son rôle d'information, le cinéma est également utilisé comme moyen de propagande.
On sait à présent que pendant l'occupation, des films truqués passaient dans les salles obscures.

Pendant toute cette période, des séances de théâtres et de cinéma sont organisées régulièrement au « Palace Rabelais » au profit des familles de prisonniers. Ainsi, les films permettent d'informer en images sur le déroulement de la guerre et les conditions de vie des populations impliquées.

Pendant la guerre, M.Guarsch est le projectionniste.

En ce milieu de siècle, la notion de loisir n'a pas encore l'importance qu'on lui accorde aujourd'hui. Le temps de travail leur laisse une moindre place, aussi sont-ils rares et différents selon les classes sociales. Ainsi, en quelques décennies, le cinéma gagne le cœur des Chinonais, s'imposant vite comme un lieu de culture populaire d'intérêts multiples : moyen de distraction et d'évasion, il est aussi un formidable vecteur d'information et de connaissance.


De l'après-guerre à nos jours.
Le 20 février 1946, M. Coutin cède son fond de commerce de cinéma connu sous le nom de « Cinéma Palace Rabelais » à la S.A.R.L. constituée par MM. Abinett et Cohu.
M. Toni Abinett, nommé gérant pour la durée de la société, entreprend de grands travaux de transformation avec M. Jaillais, entrepreneur et M. Rougemont, architecte.
Les travaux comprendront ; une avancée de façade, une insonorisation, une installation de nouveaux sièges garnis de tissus et de strapontins à dossiers fixés au sol, la reconstruction de l'escalier extérieur et la création de la salle de projection remplaçant la cabine suspendue des débuts.
La salle compte alors un accueil de 350 places.

Le 14 octobre 1949, M. Abinett démissionne. La société devient « Palace Rabelais Cinéma » et MM. René Briais et Gaston Isoux sont nommés gérants sans limitation.

En 1953, les enfants de M. Bontemps deviennent propriétaires des murs.

A partir de 1955 débute un programme de « connaissance du monde », qui se compose d'un film accompagné d'une conférence présentée par le réalisateur.

Le 15 décembre 1956, M. Adalbert Métraud succède à MM. Briais et Isoux comme gérant unique. Il fait poser un écran panoramique en 1957 - événement attendu à Chinon – inauguré le 7 juillet 1957 avec le film en cinémascope « Notre Dame de Paris » de J. Delannoy, avec pour interprètes principaux Gina Lollobrigida et Anthony Quinn.

Moins d'un an plus tard, en avril 1958, M. Adalbert Métraud cède ses parts à M. Marcel Gérard, à sa fille et à M. Eugène Roisin. M. Gérard est le nouveau gérant unique.
Il supervise l'activité avec l'aide de sa fille et de son gendre. Respectivement ; Mme Gacem, qui s'occupe de la programmation et de la caisse avec Mme Gérard et M. Gacem, ébéniste décorateur de métier, qui effectue de nombreux travaux.
Les améliorations apportées par ce dernier comprendront ; des appliques posées sur les murs tendus de tissus plissés jaune et du velours rouge recouvrent les sièges.
De plus, le balcon sera agrandi par M. Jean Zocchetti.
Dans la cour, des micros diffusent de la musique pour faire patienter les spectateurs avant la projection des films.

Les séances ont lieu en soirée à 21 heures du mercredi au samedi et le dimanche à 15 heures et 17 heures.
Une séance comprend deux documentaires et de la publicité, un entracte avec vente de confiserie, puis le film. En règle générale, la programmation est de deux films hebdomadaires : un même film est à l'affiche le mercredi, le jeudi et le vendredi et s'adresse surtout à un publique jeune, tandis qu'un autre lui succède le samedi et le dimanche. Cependant, les grands films tels « Le Pont de la Rivière Kwaï » ou « Les Canons de Navarone » sont projetés toute la semaine.

Le 25 Octobre 1965, M. Gérard cesse son activité. A cette époque, il déplore une baisse très nette de la fréquentation du cinéma due, entre autres, à l'arrivée de la télévision dans les foyers. A cela s'ajoutent le coût toujours plus élevé des films et la difficulté croissante pour obtenir des copies.
C'est alors M. Groult qui, désigné par la société, lui succède comme gérant unique.

Moins d'un mois plus tard, le 23 novembre 1965, après délibération des associés, la S.A.R.L. prend la dénomination de « Cinéma Rabelais ».

Le 15 décembre 1965, avec l'accord des membres de la société, M. Jouzeau remplace M. Groult, démissionnaire mais toujours associé.
L'installation électrique du cinéma est alors rénovée. Mme Jouzeau est à la caisse et M. Sallé reste projectionniste.
La fréquentation de la salle est alors moyenne en dehors des week-ends.

Le 27 Juin 1969, M. et Mme Jouzeau cèdent une partie de leurs parts à M. Michel Diveu qui devient le nouvel associé et le nouveau gérant. Il entreprend des travaux de réfection concernant l'électricité, le balcon, une partie du parterre et la cabine de projection. Mme Diveu devient caissière.

En août 1971, M. Figeac succède à M. Diveu et prend la direction de la salle jusqu'en 1985.
Celui-ci déplore à la fois les coûts de fonctionnement d'une petite salle, la baisse de fréquentation et le manque de succès de la plupart des films qui ne sont pas « grand public ». Après avoir mis un terme aux conférences de « Connaissance du Monde » en 1978, il envisage même de fermer le cinéma.
En définitive, M. Figeac ne ferme pas les portes du « Palace Rabelais » et le cinéma est même rénové sous sa direction en 1984.
1984 est également l'année qui voit également la hausse de la fréquentation grâce notamment à la mise en place, le vendredi et le samedi, de deux séances à 20 heures et 22 heures au lieu de l'unique séance de 21 heures. Ainsi le cinéma propose parfois deux films différents dans une même soirée.

En août 1985, M. Dauzat succède à M. Figeac et assure avec son épouse un fonctionnement familial du cinéma. Il ajoute une séance le mardi soir.

La fréquentation du cinéma continue sa progression à la hausse : 32000 entrées sont enregistrées en 1985. M. Dauzat explique ces bons résultats par l'arrivée plus rapide des films à Chinon sous un délai de 15 jours à 3 semaines après leur sortie nationale.

En 1986, un nouveau projecteur est installé. M. Dauzat travaille également avec les scolaires, proposant chaque trimestre une séance à prix spécial au collège Jean Zay et à l'établissement St Joseph.

Le 7 mars 1989, M. et Mme Dauzat, jusqu'alors exploitants, deviennent propriétaires en rachetant les murs aux enfants de M. Bontemps, le créateur du cinéma de Chinon.

Cependant, depuis 1986 et malgré la régularité de la programmation et les efforts déployés, la fréquentation chute de nouveau et la gestion du cinéma devient plus difficile pour M. et Mme Dauzat qui, fin 1989, finissent par vouloir arrêter l'exploitation. A ce moment le cinéma Rabelais est le dernier cinéma indépendant d'Indre-et-Loire.
La ville de Chinon envisage alors de reprendre le cinéma.


Le IIème siècle du cinéma.
Le 25 janvier 1990, un groupe de cinéphiles crée « Ciné Plus », association qui a pour but de diffuser des films classés « art et essais » en version originale. Mme Roselyne Chouvy en est la présidente. Ciné Plus bénéficie du soutien de M. Dauzat.

En septembre 1991, la ville de Chinon pendant le mandat de M. Dauge, rachète le cinéma afin d'éviter sa fermeture, ceci avec l'aide du C.N.C. (Centre National de la Cinématographie). Elle en confie la gérance de courte durée à M. Liadouze, et demande à M. Dauzat de rester projectionniste afin d'assurer la transition. Celui-ci devient alors salarié.

Le 21 mars 1992 est créée l'association « cinéma le Rabelais » qui gère et anime le cinéma, la ville en restant propriétaire. Devant les difficultés que rencontrent les petites salles, la gestion associative semble être la formule la plus adaptée.
M. Daniel Dufresne en est alors le premier président.

Le 1er octobre 1992, M. et Mme Dauzat prennent leur retraite. Un nouveau personnel employé par l'association s'installe : M. Yves Biron, directeur de la salle et Mlle Isabelle Guerrier (aujourd'hui, Mme Ayad), caissière à mi-temps.

1993 est une bonne année cinématographique à Chinon : la fréquentation est en hausse de 42%. Le nombre d'entrées (y compris les scolaires) passe à 17423 en 1992 à 24697 en 1993.

Le 1er juin 1993, M. Jean-Marie Lepezel devient président de l'association.
En juin de cette même année, le cinéma s'équipe du système Dolby Stéréo S.R.

La saison 1994 qui démarre tout aussi bien que la précédente est interrompue le 31 août pour trois mois afin de réaliser de grandes transformations.
En effet, cette année restera avant tout celle de la véritable mue du cinéma, confiée par la ville à l'architecte M. Jean-Yves Barrier :
- Transformation de façade.
- Réaménagement, restauration de la salle et du hall d'entrée dans le style des années 50.
- Remplacement du chauffage, de l'installation électrique et de l'écran.
- Transformation et automatisation de la cabine de projection.
La ville de Chinon, l'association « Cinéma le Rabelais », le C.N.C., la Région et l'Etat en ont assuré le financement.

Le cinéma rouvre ses portes le 7 décembre 1994 avec « Forrest Gump », pour réaliser un mois d'entrées record avec près de 4000 spectateurs.

Les travaux se poursuivent en 1996 et 1997 par le changement des tapisseries et des éclairages, ainsi que de tout le matériel de projection.

En 1995, année du bicentenaire du cinéma, l'affluence du public se poursuit pour tous les types de programmation et le nombre de spectateur atteint les 30000. Ciné Plus augmente le nombre de ses séances. Ainsi, plus de 300 adhérents aux deux associations sont recensés.

Le Cinéma le Rabelais développe son action envers tous les scolaires et s'attache à intéresser un public plus large venu de tout le canton.

Devant la multiplication des séances, Mme Ayad suit une formation de projectionniste afin de seconder M. Biron. Depuis lors elle est embauchée à temps plein.

En 1996 et 1997, la fréquentation dépasse les 37000 entrées.

De 1998 aux années 2000, l'association s'est attelée à renouveler son matériel de projection afin de toujours être à la pointe de son art.
Plusieurs projectionnistes se sont succédés pour laisser la place à M. Guillaume Delaleu et Mme Isabelle Ayad qui font tourner le cinéma à eux deux sous la présidence de M. Lepezel.


 2001, l'odyssée du cinéma continue avec la réfection des sièges, du revêtement de sol et le passage au son numérique qui font de la salle un outil de haute qualité pour 84 000 € de travaux.

2002 : première participation du cinéma au festival Confluences, festival Jeune public, en partenariat avec La Compagnie du Petit Monde d'Avoine.

2005 : installation d'un mur d'affichage lumineux dans la nouvelle entrée derrière la mairie.

2006 : Bertrand Tavernier, invité par Cinéplus, vient présenter un western de John Ford. Il reviendra ensuite en 2010 pour présenter cette fois, son dernier film " La Princesse de Montpensier" tourné en partie à Chinon.

2008 : premier festival d'art et essai " Cinéma d'ailleurs" organisé par l'association Cinéplus en septembre.

2010 : création du site web de l'association à l'initiative de Luc Dereux, nouveau membre du CA.

2011 : en juin, le cinéma passe de l'argentique au numérique, ainsi qu'à la 3D, pour un plan financier de 120 000 €. Finies les lourdes bobines de pellicules, place au disque dur. C'est une véritable révolution technologique où l'image et le son atteignent une très haute qualité durable qui ne doit, cependant, pas faire oublier le charme du cinéma" Paradiso" où il fallait s'accommoder des raccords de pellicule et du doux cliquetis du projecteur. L'image au cadre noir perforé restera à jamais l'îcône du 7ème art.

Octobre 2013 : Après plus de deux décennies à la tête de l'association Cinéma Le Rabelais, Jean-Marie Lepezel passe la main." Le passionné du septième art et grand défenseur d'une culture accessible au plus grand nombre ( ... ) quitte la présidence, même s'il demeure au sein du conseil d'administration"( NR du 07/01/2014 ).

  Gilles De Laage, Daniel Bigot et Luc Dereux se partagent désormais la présidence de l'association, Jean-Claude Henrion est trésorier, Karine Reboussin trésorière-adjointe, Joëlle Authia est secrétaire et James Champigny chargé du secteur Jeune Public.

 

 

 

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